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TESTED - Sherlock Holmes : Chapter ONE

Depuis le 16 novembre, le jeu de l'éditeur Frogwares Sherlock Holmes : Chapter One a fait parler de lui. Si vous hésitez encore à l'acheter, voici mon avis sur le jeu.


 


Attention : je tiens à commencer cet article par un disclaimer. Sherlock Holmes : Chapter One comporte des scènes violentes en tout genre qui ne sont pas adaptées à un jeune public. Le jeu prend une dimension très sombre et ne saurait convenir à des âmes sensibles.



En tant que fan des aventures du détective et amatrice des jeux de réflexion, j'ai sauté au plafond quand j'ai appris qu'un nouveau jeu Sherlock Holmes allait faire son entrée. La cinématique m'a entièrement convaincue et je l'ai acheté Day 1, au détriment de quelques jours de sommeil.


Dans ce jeu, vous incarnerez un jeune Sherlock Holmes (qui doit être au début de la trentaine) bien avant qu'il ne devienne la coqueluche des soirées mondaines londoniennes. L'histoire se déroulera dans son intégralité en Cordona, île coloniale anglaise sur laquelle il a passé un an dans son enfance. il a dut mal à se remettre de la mort de sa mère malgré toutes les années qui ont passé et décide de se rendre sur sa tombe une dernière fois afin de tourner la page. Cependant de curieuses circonstances et des rencontres peu hasardeuses remettront en question les circonstances de la mort de sa mère, et Sherlock Holmes décidera de prolonger son séjour sur l'île afin de découvrir la vérité.


Lors de vos aventures, vous ne serez pas accompagné du Docteur Watson mais par Jon, l'ami imaginaire de Sherlock. Oui, à cette époque, les deux célèbres acolytes ne se connaissaient pas encore.

Vous évoluez dans un Open World assez large avec une carte que vous devez dévoiler au fur et à mesure de votre progression.


Le but du jeu est assez simple : restaurer le manoir de l'enfance de Sherlock Holmes (à obtenir auprès des divers marchands de l'île) afin de l'aider à recouvrer ses souvenirs et enfin démêler la vérité sur la mort mystérieuse de sa mère. La mission sera entrecoupée de quelques quêtes d'histoire qui sont intrinsèquement liées au détective.

Vous aurez également la possibilité d'aider les résidents de l'île au cours de missions annexes qui reprennent à leur manière les aventures légendaires d'Arthur Conan Doyle.



Les habitants de Cordona sont répartis en castes sociales (aristocrates anglais / policiers / marins / ottomans / africains / truands.. etc). Vous devrez interagir avec différents individus au court de vos enquêtes et passer maitre dans l'art du déguisement. Car même si l'habit ne fait pas le moine, les habitants vous traiteront différemment en fonction de vos vêtements. Vous pourrez louer ou acheter des accessoires et tenues afin de vous fondre dans le paysage et vous attirer la sympathie des locaux en vous mêlant à eux.


Vous devrez ouvrir l'oeil et veiller à ne rater aucun indice afin de mener à bien vos enquêtes.



Vous serez également équipé d'une vue Batman pour voir ce qui échappe au regard des simples mortels. N'est pas meilleur détective qui veut !



Sherlock Holmes : Chapter One est un jeu extrêmement intuitif. Contrairement à ce qu'on nous a habitué, vous ne bénéficierez pas de système d'aide ou d'indices pour vous guider vers la prochaine étape. Ce ne sera pas marqué sur votre carte, et vous devrez déduire par vous mêmes vos actions à venir. Ce qui est à la fois un très bon, et un mauvais point. Un très bon point car cela vous permet de vous immerger complètement dans un monde de logique et de réflexion. Un mauvais point car ça fait 2 heures que vous tournez en rond et qu'il est 3 heures du matin...


Vous aurez quelques scènes de combat, qui ne sont pas très fréquentes. Le système de combat est sympathique bien que très simpliste.


Enfin, vous devrez choisir vos fins. Au cours de vos enquêtes, vous vous rendrez compte que plusieurs personnes ont de solides mobiles pour avoir commis le crime et rien ne vous poussera plus dans une direction que dans l'autre. C'est vous qui choisissez la fin, à vous de choisir entre justice et vérité. Les fins vous laisseront souvent un goût amer dans le bouche, comme si dans tous les cas, il aurait été impossible d'obtenir une fin véritablement juste.



 

CE QUE J'AI AIMÉ

LE LEVEL DESIGN

L'espace est intelligemment utilisé, et c'est un véritable challenge sur une map aussi grande. C'est souvent le problèmedes jeux d'aujourd'hui. On nous propose essentiellement des Open World mais qui sont majoritairement vides etl'espace est inoccupé.

En plus d'avoir géré les dimensions à bonne taille, les rues sont vivantes et constamment arpentées par divers PNJ.Bon, le point négatif c'est que vous passerez votre temps à bousculer des passants.

Les quartiers ont bien été étudiés pour s'adapter à la population qui les occupe, et le système de caste en est d'autantplus marqué. Chapeau bas pour ces beaux décors.

LE ROI DU DÉGUISEMENT

Même si c'est léger, j'ai adoré pouvoir me déguiser et voir à quel point le comportement des personnages changeait.Leurs intentions à votre égard ne seront pas les mêmes en fonction de vos habits, et mener des missions incognitos s'estrévélé être assez amusant.

J'avoue, la tenue de truand Adidas du XIXe siècle c'est cadeau (je le précise quand même, Adidas sportswearn'existait pas à l'époque).

UN GAMEPLAY LARGE POUR UN JEU INTUITIF

Et maintenant ? Où va-t-on ? Voir qui ? Comment ? Pourquoi ?

Ce jeu vous lâche complètement dans la nature et vous oblige à vous débrouiller par vos propres moyens. Cela permetde mieux se glisser dans la peau du détective et de vos plonger dans vos propres réflexions. Un conseil si vous êtesperdu : revoyez tous vos indices un par un. Vous êtes probablement passé à côté de quelque chose d'important.

DES HISTOIRES SOMBRES ET RÉALISTES

Ce point est la raison d'être du disclaimer au début de l'article. Le jeu est extrêmement sombre et vous plongera dans lesbasfonds de l'humanité. Imaginez toutes les horreurs qu'un homme puisse commettre, car vous les retrouverez dansSherlock Holmes : Chapter One. Entre misère, dépravation, violences et atrocités, le jeu vous sert sur un plateau deshistoires qui pourraient vous retourner l'estomac. Presque trop réaliste, on vous rappellera sans cesse de quoi l'humanitéest capable. Mais cela vous donnera d'autant plus de raisons de résoudre les enquêtes afin de punir de la manière quivous convient le mieux ces pourritures.

Encore une fois, âmes sensibles s'abstenir.

UN DUO SHERLOCK / JON TRÈS ATTACHANT

Même s'il est imaginaire, Jon est extrêmement présent dans le jeu (pour ne pas dire tout le temps). Les deuxcompagnons se complètent bien et sont systématiquement en train de se renvoyer la balle. Jon est à la fois le faire-valoir de Sherlock, son conseiller, son meilleur ami et en même temps son garde-fou. Il apporte la petite touchehumoristique à l'épisode en ne ratant pas une occasion de faire un petit commentaire sarcastique.

Il vous mettra au défi de plusieurs façon au court de votre aventure, de quoi vous occuper un peu plus longtemps.

CE QUE JE N'AI PAS AIMÉ

LE GAME DESIGN & LE LEVEL DESIGN

Oui, j'ai dit que j'avais apprécié le Level Design. Mais les raisons sont toutes autres. Globalement le jeu ne semble pasfini. Il est extrêmement lourd, et ça se ressent. Il y'a un petit peu de mon ordi mais surtout beaucoup du jeu qui peut semettre à ramer tout seul et jouerez de manière très saccadée, ou bien vous tomberez probablement régulièrement dansdes textures, et des sols qui disparaissent. Même si l'environnement a été bien travaillé, ses interactions sont parfois loind'être au top. Si vous avez de l'eau au niveau des genoux vous pouvez mourir (apparement Sherlock ne sait pas nager),le jeu est truffé de bugs en tout genre comme des espaces de nature accessibles au pixel prêt dans lesquels vous vousretrouverez bloqués pour le reste de votre existence, ou alors des murs sur lesquels vous buttez à deux mètres dedistance. Sans parler de la caméra bourrée qui aura parfois tendance à tourner toute seule dans le sens opposé, de quoime donner des vertiges et des nausées pour quelques heures.

Je dois avouer que tous ces problèmes réunis m'ont pas mal gâché l'expérience de jeu. Ce sont des problèmes que jevoyais sur mes premiers Tomb Raider sur PC, et ils remontent à plus de 20 ans. On a beau être nostalgiques, mais ça,ça ne m'avait pas manqué.

UN CHARACTER DESIGN TRÈS, TRÈS TRÈS PAUVRE

Quand un PNJ qui n'a pas d'impact dans l'histoire a la même tête que 100 autres PNJ, je m'en fiche un peu. Par contre,je trouve ça plus décevant de voir qu'un personnage clé de l'histoire a été réutilisé également 100 fois pour jouerd'autres personnages. Par exemple, le lord anglais que vous trouverez au début de votre histoire dans l'hôtel aexactement la même tête que le patron du Drinking Dutschman. Ou encore, Paul le petit ami d'Imogene a la mêmetête que certains truands ottomans. Je dois avouer que je trouve le travail du Character Designer bâclé, et fainéant.

JOUONS AU JEU DE LA VIE AVEC DESTIN

J'ai un esprit très cartésien, comme beaucoup d'européens. Je vois soit les choses en noir, soit en blanc. Ce jeu vousdonnera toujours l'occasion de choisir la fin que vous voulez, et de punir qui vous voulez. Oui, oui, délit de faciès. Etça, j'avoue, ça me fait grincer des dents. Sherlock Holmes n'est-il pas censé être en perpétuelle quête de vérité ?Pourquoi se contenter du minimum d'éléments avant d'incriminer quelqu'un ? Ne pas savoir toute la vérité me donnel'impression de ne pas aller jusqu'au bout des choses. Vous passerez votre temps à vous demander "Ai-je bien fait ?". Jesuppose que c'est un parti pris de l'éditeur, mais personnellement je n'aurai pas induit le choix dans toutes les enquêtesprincipales. C'est trop cruel.

LA FIN DU JEU

J'ai détesté la fin du jeu pour diverses raisons. La première, c'est qu'elle arrive bien trop vite. Sans exagérer, vouspouvez torcher l'histoire principale en moins de 15 heures, et je la trouve extrêmement vide d'éléments. Je m'attendais àplus de complots, de rebondissements, des révélations choquantes, et une fin en coup de théâtre. Non, la fin estprévisible depuis le départ. Tristement prévisible. Pire encore, vous choisissez la fin que vous souhaitez pour le jeu, etla cinématique est EXACTEMENT la même pour les 4. Peu importe la nuance de fin choisie, Sherlock Holmes a lemême destin tracé.

Donc non seulement l'histoire principale est beaucoup trop courte, mais en plus la fin n'est pas top. Le petit plus c'est ladernière scène, à la limite, qui m'a émue. Pour au final me rendre compte que ma partie était bloquée pour toujours, plusde retour en arrière pour faire des quêtes annexes. Je vous mets donc en garde, je vous conseille de terminer vos quêtesavant d'ouvrir la dernière porte de la maison (de toute façon il y'a plus de contenu dans les quêtes annexes que dansl'histoire en elle même, vous ne raterez donc pas grand chose).

LE PRIX

Donc résultat des courses nous avons un jeu très, très court, bourré de bugs et des PNJ qui ont nécessité d'utiliser cettemanipulation : CMD C > CMD V.

Le prix moyen du jeu est de 44,00€, et la plupart d'entre vous me diront que c'est un prix assez correct si l'on compareaux prix du marché. Sauf que les jeux présents sur le marché valent un peu plus en terme de contenu, donc lacomparaison n'est pas vraiment recevable.

Ensuite, un Season Pass à 24€. D'accord, après les micro-transactions, c'est la mode des Season Pass, tout le monde enfait. le problème, c'est d'avoir un Season Pass dont le prix vaut plus que la moitié du prix du jeu. J'avoue que je trouveça très cher payé, pour ne débloquer que 3 pauvres enquêtes annexes dont 2 ne sont pas même pas encore disponibles.Est-ce que ça vaut ce tarif ? Non.

Je pense que Frogwares aurait dut se faire aider par un autre studio de développement pour arrondir les angles et réglertous ces micro-détails qui, à mon sens, gâchent le jeu.

EN DÉFINITIVE


Dans son ensemble, voici ce que j'ai aimé et moins aimé dans ce jeu Sherlock Holmes : Chapter One. Dansl'ensemble le jeu est bien, le prix de départ assez correct et on en demande très vite plus. Je déplore essentiellement lemanque de contenu, mais le concept du jeu est génial. Je vous invite à vous aussi vous faire votre propre idée de ce nouvel opus.



 

CE QU'IL FAUT SAVOIR


Date de sortie

16 novembre 2021


Supports

PC / Xbox Series / Xbox ONE / PS4 / PS5


Prix

de 39,20€ à 107,00€ (différentes éditions disponibles)

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