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Disney menace les cinémas français de ne plus distribuer ses films

Une décision qui pourrait porter un coup fatal à certains cinémas, déjà pénalisés par la pandémie. Mais comment en est-on arrivé là ?

 


Aaah Disney. La machine à rêves qui a bercé l'enfance de plusieurs générations. Vous vous souvenez peut-être de l'époque où vous trainiez à contre-coeur vos parents dans les salles pour voir le dernier bijou en date de la franchise, et qu'ils finissaient parfois par s'endormir devant. Et bien mes amis, nous sommes peut-être à l'aube d'une nouvelle ère. Car oui, Disney a évoqué l'idée de ne plus diffuser ses films dans les cinémas français.


Mais pourquoi, me direz-vous ?? Tout simplement à cause d'une loi française : La chronologie des médias.


La chronologie des médias est la règle définissant l'ordre et les délais dans lesquels les diverses exploitations d'une oeuvre cinématographique peuvent intervenir. Cette réglementation a essentiellement pour but la sauvegarde de l'exploitation des films. Ce n'est en effet qu'après une durée déterminée que les autres formes d'exploitation (vidéo, télévision...) sont autorisés.

Pour résumer cette histoire, la loi sur la chronologie des médias est une initiative de l'Union européenne datant de 1987. Elle consiste à imposer un délai aux médias (télévision, Blue Ray, DVD, Stream) après la sortie en salle des films. Jusqu'à présent la loi imposait un délai de 36 mois aux plateformes de Streaming (Netflix / Prime Video / Disney +) après la sortie d'un film en salle pour pouvoir le diffuser. Après ça, pas étonnant que les consommateurs se soient tournés vers des VPN pour pouvoir regarder les derniers films...


C'est à cause de cette loi que Disney a menacé de ne plus diffuser ses films dans les salles françaises. Mais seront-nous véritablement privés des derniers films griffés Mickey ?



UN CAUCHEMAR POUR LES CINÉMAS, UNE AUBAINE POUR LES CONSOMMATEURS



Si aujourd'hui la loi de la chronologie des médias ne convient plus à Disney, c'est essentiellement à cause du succès de sa plateforme de Streaming Disney +. La franchise a adopté une stratégie de diffusion qui consiste à sortir en simultané ses films au cinéma et sur sa plateforme de streaming. Processus assez démocratique, car il permettrait l'accès à ses films à un plus large public.


Le hic, c'est que l'hexagone est l'exception qui ne peut pas confirmer la règle. Au vue de ses derniers succès, ne serait-ce que Shang-Chi qui se place premier au Box Office américain (13,3 millions de dollars alors que le film n'a toujours pas terminé sa diffusion en salles), privilégier les cinémas au détriment de sa plateforme leur ferait perdre beaucoup d'argent.

La France est aujourd'hui le seul pays qui utilise cette loi, et plutôt que de ce plier à la règle, Disney a mis les institutions françaises devant un sacré dilemme : permettre la sortie en simultané des films en salle et sur les plateformes de Streaming ou perdez les droits de diffusion au cinéma, au profit de Disney + qui diffusera tout le catalogue de la franchise.


Le cinéma français - qui grince parfois des dents à l'idée de se moderniser - a tenté de justifier cette loi en disant que seulement 50% des sorties étaient des films outre-Atlantique et que par conséquent, elle avait essentiellement pour but de protéger l'exploitation des oeuvres sur son territoire. Une pincée de vérité, et peut-être un soupçon de snobisme à l'égard des plateformes de Streaming où beaucoup semblent récalcitrants à l'idée de partager le monde du 7e Art avec Netflix & Cie.


Cependant, il sera très vite temps pour les institutions françaises de faire un choix. Si la loi n'est pas assouplie au profit des distributeurs, les cinémas risquent d'y laisser leur peau. N'oublions pas que chaque année, Disney génère sur le territoire français une moyenne de 50 millions d'entrées. Cela concernera également les franchises Marvel et Star Wars, possédés par le géant américain.



UNE DISCUSSION POUR RÉDUIRE LE DÉLAI DE 36 À 1 2 MOIS



Disney + n'est pas la seule plateforme concernée par cette loi. Netflix et Prime Video doivent eux aussi respecter un délai légal de 36 mois avant de pouvoir proposer les films sur leurs catalogues. En juillet dernier, le ministère de la culture avait ouvert la discussion pour permettre de réduire le délai légal pour passer de 36 à 12 mois d'attente. En échange, les services de streaming devaient reverser 20 à 25% de leurs recettes à l'État. Mais encore aujourd'hui, nous sommes dans le flou. Encore en attente d'un éventuel accord, nous espérons que cette histoire connaitra un Happy Ending.


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